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L’ACIDE PERFLUOROOCTANOÏQUE (APFO): Un nouveau Pop inscrit dans la Convention de Stockholm, Article compilé par B.B. Bouato

L’ACIDE PERFLUOROOCTANOÏQUE (APFO): Un nouveau Pop inscrit dans la Convention de Stockholm, Article compilé par B.B. Bouato

Introduction

Le Comité d’étude des polluants organiques persistants (Pop) au cours de sa 13e réunion à Rome, 17-20 octobre 2017 a statué sur L’acide perfluorooctanoïque (APFO) et ses sels, souvent appelés C-8. En effet, à l’issue de travaux supplémentaires effectués par le groupe de contact avec l’aide de Mme Delvin, le Comité a adopté la décision POPRC-13/2 adoptant l’évaluation de la gestion des risques, recommandant à la Conférence des Parties d’envisager d’inscrire l’APFO, ses sels et les composés apparentés à l’Annexe A ou B de la Convention, avec des dérogations spécifiques, et invitant les Parties et les observateurs à lui fournir des informations complémentaires, y compris sur les aspects socioéconomiques, pouvant l’aider à définir éventuellement des dérogations spécifiques pour la production et l’utilisation de ces substances dans un certain nombre d’applications particulières ; à évaluer de manière plus poussée la formation et la libération non intentionnelles de ces substances ; et à poursuivre l’évaluation de l’identité chimique des composés apparentés à l’APFO. Par cette même décision, le Comité a créé un groupe de travail intersessions chargé d’évaluer les informations supplémentaires obtenues, en vue de renforcer, pour examen à sa quatorzième réunion, la recommandation concernant l’inscription de ces substances. Le groupe de travail serait présidé par M. Adhikari, avec Mme van der Jagt faisant office de rédactrice. La décision figure dans l’annexe I du rapport et l’évaluation de la gestion des risques est reproduite dans le document UNEP/POPS/POPRC.13/7/Add.2

Présentation

L’acide perfluorooctanoïque (APFO ou PFOA en anglais), aussi connu sous les noms de C8 et de perfluorooctanoate, est un acide carboxylique perfluoré et un tensioactif fluoré synthétique (il n’existe pas dans la nature) et très stable et pour cette raison extrêmement persistant (quasi-indéfiniment) dans l’environnement où on le trouve presque partout (pollution diffuse), jusque dans l’Arctique[]. En raison du cumul de sa toxicité et de sa persistance, il est classé en Europe dans le cadre du règlement Reach comme « substance extrêmement préoccupante » et donc soumise à autorisation, et qui devrait dans la mesure du possible être remplacé par des molécules alternatives. Le Gouvernement norvégien le fait figurer parmi les substances dangereuses prioritaires (la liste prioritaire) ; « Il est impossible d’établir un niveau acceptable pour les substances ayant un tel impact sur l’environnement, et les émissions provenant de ces substances et l’exposition à celles-ci doivent être limitées autant que possible »

Production

Il est aussi formé à partir de la décomposition de précurseurs tels que certains fluorotélomères

Écotoxicologie, cinétique environnementale

Le Apfo est très mobile et indéfiniment persistant dans l’environnement qu’il a largement contaminé (on le trouve dans les boues et effluents de station d’épuration et ordures ménagères, ce qui laisse penser que l’homme est souvent en contact avec lui et qu’il le disperse de manière chronique et diffuse dans tout l’environnement). En effet, il est par exemple trouvé dans le grand Nord et tout l’Arctique ; dans l’organisme des espèces situées au sommet du réseau trophique, ce qui laisse supposer qu’il est largement réparti dans la biosphère. Les oiseaux marins, les phoques et les ours polaires en contiennent, et on a constaté une augmentation significative des niveaux de PFOA au cours des 20 à 30 dernières années dans la chair de l’ours polaire, ce qui laisse penser que ce polluant est également bioaccumulable et qu’il peut être bioconcentré par la chaîne alimentaire. C’est un produit irritant (expositions répétées), toxique et cancérigène avéré chez l’animal.

Toxicologie

Chez l’homme, il est détecté dans le sang de la population générale à des concentrations de l’ordre de la partie par million. Le lait maternel et le sang du cordon ombilical en contiennent aussi ce qui laisse penser que le fœtus et au moins le jeune enfant allaité y sont précocement exposés ; pour le nourrisson et le jeune enfant, l’absorption via le lait maternel peut être supérieure à l’absorption par les adultes à travers les denrées alimentaires ; et le contact avec les moquettes empoussiérées sont aussi pour le nourrisson une source importante d’exposition. L’organisme n’élimine que lentement cette substance. Chez l’adulte, la source principale d’exposition serait l’alimentation (poisson notamment) et/ou l’eau contaminée, mais aussi l’inhalation d’air pollué par cette molécule ou de poussières en contenant. Chez les personnes très exposées, il a plusieurs effets négatifs avérés sur la santé :

Ces effets sont par ailleurs également observés chez l’animal. L’exposition à ce produit (telle qu’elle peut être authentifiée par la mesure du taux sanguin de cet acide) semble aussi associé à un risque plus important de développer une maladie cardio-vasculaire.

Sources de contamination ?

Des résidus indésirables de PFOA ont été trouvés dans : des déchets industriels ; des moquettes anti-taches[] ; des produits nettoyants pour moquettes ; des poussières domestiques ; des sacs de pop-corn destinés au four à micro-ondes ; de l’eau ; des aliments ; des matériaux contenant du PTFE (ustensiles de cuisine anti-adhésifs, produits cosmétiques (le fard) ; des polymères fluorés ; des mousse anti-incendie ; des revêtements textiles ; des revêtements de sols ; des fluorotélomères de mousses anti-incendie ou traitement de surface de moquettes, textiles, papier et cuir (les fluorotélomères contiennent de faibles quantités de PFOA sous forme de sous-produit).

Toutefois, les principales sources de contamination de la population humaine ne sont pas clairement identifiées. L’étendue de la contamination environnementale pourrait être expliquée par le fait que d’autres composés perfluorés (en) plus volatils (également été détectés dans l’Arctique) sont « susceptibles de se dégrader lentement en Apfo ». Ainsi, selon les modélisations disponibles, malgré les mesures volontaires prises, « la concentration de Apfo dans l’Arctique continuera d’augmenter jusqu’en 2030 ».

For more information, please contact:

Toxics Link, H2 (Ground Floor), Jungpura Extension, New Delhi 110 014

T: +91-(0)11-24328006, 24320711, Email: info@toxicslink.org

Voir aussi : UNEP/POPS/POPRC.13/7

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